Le G9plus est une plate-forme de débats et d’opinions avec l’association de plusieurs grandes écoles et j’avoue y avoir passé un excellent moment ce jeudi soir. Nous étions réunis sous l’égide d’HEC (pourtant suis Essec ! comme quoi, peu importe le tampon, l’essentiel étant ce que l’on partage ensemble).
Le thème : les réseaux sociaux. Oui, encore ! C’est le méga sujet, avec son cortège de gourous. Mais pour le coup, ce soir les participants étaient tous en maîtrise de la copie (avis très humble car sans jugement).
La soirée organisée et tenue de main de maître par Emmanuel LAIGNELET (Direction de programmes) m’a permis de voir « en vrai » la véritable star du moment : Vincent DUCREY (conseiller Internet au gouvernement). Bon, là ya fossé ! On regarde tous avec admiration le travail et, on est bien placé pour en mesurer l’ampleur. Son livre me semble être un vrai virage. Non pas dans le web, ce sont les internautes qui l’ont fait eux-mêmes ! Mais c’est la lecture, l’analyse de l’information qui est remarquable.
Il ressort quelques axes de réflexion des débats de la soirée et des interventions :
1. personne n’ose plus s’engager trop fermement sur l’avenir du web ; ou bien d’en tirer quelques tendances de bon sens sur lesquels il y a consensus … en bref, le paysage évolue trop vite
2. la question concernant Facebook n’est plus de se demander s’il faut y être présent ou non ; la question devient « comment y figurer » et capitaliser sur ce carrefour d’audience #2 après Google ! C’est un Internet dans l’Internet
3. nous sommes globalement inquiet de constater que la fonction de community management puisse encore être soit externalisée (quid de la légitimité du discours, de la tonalité et des contenus) ou bien gérée en interne en confiant le capital le plus précieux d’une marque à … un stagiaire ! Ce qui peut à la fois mettre dans l’embarras une personne non formée, mais surtout conduire à des expressions désastreuses qui engagent la marque (exemple de bad buzz NESTLE). On s’accorde donc à dire que le Community Management doit se faire en interne. Mais étant une fonction récente, il est sage de réaliser le lancement sous forme de coaching sur les 1er mois (ce que fait l’agence E-WALKiNG sur les grands comptes).
4. une question d’annonceur a toutefois été exprimée et, je trouve quelle exprime bien l’ambiance sur le marché : comment choisir son agence pour aller sur le 2.0 ?! La floraison de gourous qui « font de l’Internet 5.0 depuis 10 ans » calme les ardeurs sur un sujet sensible, qui engage la Marque, les hommes, le chiffre d’affaires.
Pour mon expérience terrain, je constate que, si la volonté réelle des clients est de vouloir être présent dans le Social Media, la réaction (légitime) primaire qui fuse est « oui mais comment je contrôle » ?!
Le transfert des budgets offline vers le digital et les media sociaux va s’amplifier.
D’après Forrester, aux Etats-Unis, les dépenses en marketing online atteindront 55 milliards de $ en 2014 et 59% des annonceurs US marketers ont prévu d’augmenter la part du digital au détriment du offline. Rien que pour 2010, JPMorgan, ZenithOptimedia, Forrester, … prévoient une hausse des dépenses marketing online pouvant dépasser les 10%. Même Pepsi a prévu de ne pas annoncer au SuperBowl et d’investir online à la place. Au Royaume-Uni Internet est ainsi devenu le 1er media en dépenses publicitaires devant la TV en 2009 (en dépenses brutes et non nettes).
Les publicités vidéo vont se développer (40% de hausse d’après Emarketer. Les podcasts videos (The Wine Library de Gary Vaynerchuk par exemple attirent plus de 240.000 visiteurs/mois) et le live (avec uStream) vont aussi progresser. Le format vidéo sera boosté avec le développement de la 3G sur mobile et d’équipement simple pour capter et monter de la vidéo (Flip Cam, iPhone 3GS). Certains studios cinéma vont enfin prendre la vidéo online au sérieux. Showtime commercialise ainsi les épisodes de la série « Weeds » sur le web avant même la sortie DVD. Les investissements en marketing du bouche à oreille vont continuer d’exploser (buzz, viral, media sociaux, communauté en ligne, …) pour atteindre 3,7 milliards de $ en 2011.
Ce transfert des budgets publicitaires vers le digital va être particulièrement brutal pour les media et l’industrie du divertissement. En effet le revenu pour 1000 lecteurs ou spectateurs (le CPM) est 10 à 20 fois moins élevé online. Dans le cinéma et la TV, selon Michael Nathanson de Bernstein « la Fox génère seulement 18 cents/spectateur d’un épisode des Simpsons sur le site Hulu.com contre 54 cents à la TV ». Les ventes de vidéo online ne représentent que 237,7 M de $ de ventes par an pour les studios contre 10 milliards de $ pour le marché des DVDs et du BlueRay… et c’est sans compter avec la nouvelle concurrences des consoles de jeux vidéos connectées au web comme la PlayStation3 de Sony et la Xbox 360 de Xbox qui totalisent déjà pas moins de 1,27 milliard de $ de ventes de vidéos à la demande cette année ! Même si le consommateur passe plus de 309 minutes/jour à regarder des vidéos à la TV contre seulement 2 minutes online en moyenne, il va être difficile pour les media et les chaines TV de préserver leurs revenus dans les années à venir. YouTube travaille d’ailleurs à augmenter le temps passé sur ces vidéos et avec plus de 43% des heures de prime-time TV occupés par de la publicité aux Etats-Unis cela ne devrait pas être difficile de convaincre le consommateur de passer à la vidéo à la demande sur le web (contenu web qui pourra être projeté sur son téléviseur devenu simple écran avec des solutions comme AppleTv ou Roku). L’industrie de la musique va-t-elle elle continuer sa mutation forcée avec une majorité de maisons de disque aussi dépassées que leur nom (qui achète encore des disques ?). Les pure players comme Deezer, Spotify, LastFm, Blip.fm, iTunes, Jamendo, MyMajorCompany ou Songkick.com (qui ajoute une dimension sociale en permettant d’être alerté d’un concert proche d’un artiste présent dans son répertoire) seront ceux par qui arrivera l’innovation. Les nouvelles générations passent déjà plus de temps sur le web, leur mobile ou leur console que devant la TV.
Dans l’édition, la révolution est là aussi avec l’impression à la demande (Lulu.com) ou avec le Kindle, le livre électronique lancé par Amazon (et qui grâce à une carte SIM permet de commander un livre à tout moment, de n’importe où) qui représente déjà plus de la moitié des ventes des livres d’Amazon ! Apple n’est pas en reste avec le lancement de sa tablette prévu le 26 janvier prochain… et le prototype Mag+ de Bonnier donne un aperçu de ce que pourrait être le futur du magazine. Il y a fort à parier que certains pure player qui n’ont pas les coûts de fonctionnement des acteurs historiques en profiteront pour lancer de nouveaux business models…
Un des sujets chauds de l’année sera le buzz monitoring ET la gestion de l’e-réputation des marques sur le web et les media sociaux. Le nombre des solutions de monitoring et d’analytics dédiées aux media sociaux va exploser pour atteindre plusieurs centaines d’outils. Puis le marché va exploser et se consolider car peu d’acteurs pourront faire les investissements nécessaires en matière d’indexation, de stockage mais aussi et surtout d’analyse sémantique (partiellement ou totalement automatisée à terme) et le multilinguisme. La majorité des marques devra investir dans une solution pour mesurer le buzz et le retour sur investissement de ses actions mais beaucoup seront déçues par rapport à leur niveau d’attente. Les agences de RP qui n’auront pas sauté le bas du online et des media sociaux verront leurs jours comptés… surtout avec la vitesse « temps réel » des media sociaux. Du côté « bloggers influents » on verra des outils pour certifier l’audience et l’influence comme nous le proposons déjà chez BuzzParadise. A long terme, on peut s’attendre à ce que Google mette tout le monde d’accord (et tue le marché de l’entrée de gamme) avec une solution (gratuite ?) dont on peut voir les bases avec Google Trends, Google Adplanner et Google Analytics.
Mais plus que le monitoring, c’est la gestion de la marque qui va être clef. L’art de savoir intervenir proactivement ou réactivement sur les media sociaux pour promouvoir et défendre la réputation d’une marque comme le fait très bien Best Buy avec sa Twelp Force surTwitter. Après s’être mordu les doigts d’avoir confié un peu vite ses actions délicates et stratégiques à un stagiaire, certaines marques vont recruter de vrais « community managers»,
un « Head of Social Media » et à terme adopter de véritables outils de « social CRM » comme Chatter lancé par Salesforce. Après avoir expérimenté et bricolé, 2010 verra certains annonceurs intégrer de manière stratégique et durable le web et les media sociaux dans leurs activités avec de vrais budgets. Si les technologies 2.0 sont en général bon marché, les coûts induits en temps humain ne seront pas à prendre à la légère si on veut être sérieux dans le domaine.
Le web et les media sociaux vont être de plus en plus souvent rattachés directement au directeur marketing (et pas seulement au département web) ou voir la naissance de cellule multi département et vont nécessiter une remise à plat de l’organisation interne car le mode silo ne fonctionne pas avec Internet. La majorité des marques va devoir rédiger et diffuser une « social media policy » auprès de leurs collaborateurs pour expliquer ce qu’ils peuvent ou non faire sur les media sociaux et éviter des « bad buzz » par manque d’éthique ou maladresse d’un(e) employé(e) mal informé(e). En effet, les internautes se contrefichent de savoir si ce qu’ils font ou disent concerne le département communication, le marketing, la recherche & développement, le support client, …
Au final chaque avis, commentaire et critique impacte toute la marque au global.
Une fois ne devra pas être coutume, je vous propose une synthèse complète trouvé online & que je trouve aussi brillante qu’exhaustive. Oui, c’est une belle façon de dire que c’est du « copier-coller », mais là … pas mieux !
Il y aura en tout 5 billets sur le sujet.
PART1. Le web et les media sociaux vont devenir plus importants que jamais
50% des Américains passent déjà plus de temps sur Internet que sur tout autre media. Les gens vont de moins en moins sur les sites de marques et de plus en plus sur les réseaux sociaux contenus viraux. Facebook va continuer à se tailler la part du lion et devrait passer de 350 M de membres en décembre 2009 à plus de 600 ou 700 millions fin 2010, faisant de plus en plus concurrence aux sites media et aux messageries gratuites comme Hotmail ou Gmail et rendant Google de moins en moins pertinent à mesure qu’une partie croissante du web échappe à son indexation. En Asie (Malaysie, Indonésie et Singapour) Facebook a détrôné Friendster et si Facebook augmente la qualité/taille des photos, il détrônera définitivement Flickr. Il ne manque plus qu’un outil de Facebook Management Solutions (comme un CMS) et d’analytics pour que les agences et annonceurs puissent créer et faire évoluer de manière simple et rentable des pages avancées. On peut déjà garder un œil sur Sprout, Involver, Wildfire ou en France TigerLily.
Avec plus de 22M de visiteurs uniques par mois Twitter va continuer à se développer afin de se différencier des newsfeed de Facebook tout en cherchant à se monétiser (abonnement, service premium payant ou publicité)… une vente à Microsoft ou Google ou une entrée en bourse ? Tant que MySpace et Skyblog ne repenseront pas à fond leur ergonomie désastreuse, ces plateformes continueront de perdre des parts de marché… Au final, seuls les sites à l’écoute de leurs utilisateurs et ultra réactifs pour faire évoluer leurs services, leurs conditions d’utilisation, à bien protéger les données de leurs utilisateurs ou à bien lutter contre le spam éviteront de voir leur audience s’échapper vers un nouveau service.
Avec déjà plus de 100M de membres rien qu’aux Etats-Unis, YouTube va s’imposer comme une vraie alternative à la TV et entrer en conflit contre Hulu ou la Playstation3, Xbox ou iTunes qui veulent tous être LA plateforme monétisable de la vidéo. Une part de leur succès vient du côté « on demand » (illustré aussi par le succès des offres M6replay, …) contrairement au contenu « live » de la TV, contrainte amenée à disparaître et qui fera bien rire nos petits enfants quand on leur expliquera que chaque émission ne passait qu’à un horaire fixe.
La majorité des media sociaux va proposer et ouvrir des APIs pour permettre à d’autres sites ou applications de s’interconnecter et devenir ainsi de plus en plus intégrés. Malgré ces efforts de transparence, ces services affronteront par contre la colère de certains annonceurs et agences quand comme en cette fin d’année leurs API ne tiennent pas la charge ou changent soudainement créant des bugs ou rendant indisponible les applications et les campagnes marketing connectées. Une vraie roadmap des futures évolutions pour les développeurs sera indispensable pour ces services.
Tout étant à terme connecté et donc social, l’expression « media sociaux » aura de moins en moins d’intérêt en soi.
Le social gaming comme FarmVille de la société Zynga, Habbo, Les Sims ou Rolando et FieldRunners (sur mobile) va exploser et proposer des pistes intéressantes de monétisation que les annonceurs devraient examiner de près. L’inventaire disponible pour acheter de l’espace continuant de croître de manière exponentielle, les prix de la publicité de base (cpm & display) ne remontra pas… à moins que la mesure de l’impact des actions online en magasins s’améliore.
Il va devenir de plus en plus dur pour les internautes de tenir à jour tous leurs réseaux et de s’y retrouver dans toute l’information disponible. Des outils de syndication et d’agrégation (comme Posterous) vont faciliter la mise à jour de tous ces sites en une action, chaque site devenant juste un canal de consultation différent de la même information. Face à « l’infobésité », les internautes vont aussi utiliser leur réseau social pour filtrer les informations qui seront de plus en plus personnalisées en fonction de son profil (Facebook Connect déjà utilisé par plus de 80.000 sites : voir The Prototype Experience), de ses actions passées (ciblage comportemental), de ses centres d’intérêt (liens sponsorisés).
Dans ce monde où règne la tyrannie de l’ultra-transparence et des recommandations (positives ou négatives) quasi instantanées, le web deviendra définitivement le facteur le plus déterminant en matière de décision d’achat online ET offline. Le rôle d’expert et d’influent sera plus important que jamais, et donc la réputation de chacun aussi.
On va par contre voir une professionnalisation d’une partie de la blogosphère qui devra prouver aux annonceurs et aux agences son influence en faisant par exemple certifier son audience (influence = réputation ET audience). Il ne suffit pas de s’interlinker entre blogueurs parisiens pour être influent (Wikio devra revoir son classement pour garder un tant soit peu de crédibilité). Avoir beaucoup de followers ou de trafic n’est pas non plus une condition suffisante (il suffit de créer un site avec des photos de femmes dénudées ou un « splog » = une pompe à trafic qui republie les flux RSS de façon automatisée juste pour afficher de la publicité). Les marques voudront mesurer l’audience de leur campagne sur les blogs et non plus estimer l’audience de ces blogs en général. Elles passeront donc par des régies ou agences spécialisées réalisant au passage que cela évite les maladresses parfois catastrophiques (comme Honda, Domino’s Pizza et Belkin) et l’intérêt d’outsourcer le temps important nécessaire à entretenir une vraie relation avec les « blogs influents ». Le législateur Européen, la « Federal Trade Commission » aux Etats-Unis, devrait rapidement s’intéresser aux recommandations de marques sur les blogs et les réseaux sociaux pour éviter certains abus. Une mention (post sponsorisé par…) sera à terme obligatoire (et c’est tant mieux)… on en attend juste autant sur les media traditionnels (ce n’est pas gagné quand on connait les cadeaux hallucinants offerts aux journalistes de magazines féminins par exemple).
On va aussi voir de plus en plus de passerelles entre les « micro people » de la blogosphère et du web et les media traditionnels. On retrouvera certainement des bloggers comme Mr Dream et son Rewind, DarkPlanneur, Mry, Gonzague.tv, Deedee ou Garance Doré, à la TV (au moins la TNT) ou dans la presse et pas seulement comme invité mais comme animateur ou chroniqueur. D’ailleurs certains leaders d’opinions en ligne ont déjà une telle audience qu’ils n’ont peut-être plus besoin des media car ils en sont devenu un. Enfin, les media sociaux vont voir l’avènement des minorités… qui n’en sont plus vraiment.
Les femmes représentent 75% des prises de décisions d’achat et désormais plus de 50% des utilisateurs sur les media sociaux, leur talent pour la communication et le relationnel ou la gestion de taches multiples tâches étant définitivement des atouts dans un monde 2.0… On a ainsi vu la blogosphère féminine et mode exploser ces dernières années et même s’imposer au 1er rang des défilés haute couture en 2009… Hors il est intéressant de noter que cette population souvent ignorée par la majorité des marketeurs nécessite une approche marketing différente. On voit aussi l’arrivée de sites sociaux spécialisés sur des populations de niches difficiles à toucher avec le marketing traditionnel comme BlackClub, AZN Community, …
La barrière entre virtuel et réel va de s’estomper. On surfe en même temps qu’on regarde la tv, on navigue depuis son mobile, les objets deviennent connectés (Nabaztag, puces RDFID, ou les APIs)… En 2010, le digital est partout. « Un seul media, une seule machine : de multiples outils de consultation » comme le formule Kevin Kelly. On le retrouvera aussi de plus en plus sur les points de vente avec des écrans interactifs, des interfaces innovantes, des hologrammes ou de la réalité augmentée.
Pour finir cette 1ère partie, regardons une vidéo de KEVIN KELLY qui nous expose sa synthèse des 5000 derniers jours du web et imagine ce que les 5000 prochains jours nous réservent … fascinant !
Vous êtes invité à une « Very Private Secret Underground Party ».
Sur place : Karl Lagerfeld, Lady Carla, famille Obama, des models hommes & femmes, Rock Stars (peut-être Bono !), des peintres (C. Expert peut-être aussi) et autres invités spéciaux.**
**nota bene : billets sur blogs, photos Facebook et autres Tweets sont INTERDITS.
La nouvelle tendance pour une soirée Hype’nd Chic, c’est de garantir les invités contre les commérages virtuels. Entendez : pas de tweet lourd, pas de photo postée sur Facebook avec un décolleté des dames aux toilettes, pas de billet insolent sur un blog dès 5 heures du matin.
Michael Malice (écrivain newyorkais) propose un « NY’s new media salon Protocols ». L’idée est de maintenir les médias sociaux en dehors des soirées afin que les invités (ées) puissent se lâcher sans risquer de se retrouver taggés en état d’ivresse avancée à la vitesse du wifi.
D’où la question incorrecte : sommes nous les nouveaux paparazzi sociaux ?!! En même temps, à voir le succès ancestral des magazines people, si la réponse est oui, c’est que nous produisons maintenant le lectorat ET les contenus !
Le paradoxe mis ici en avant par Michael Malice est que si nous mettons à jour en permanence nos tweets, notre profile Facebook et cætera … c’est pour avoir l’air très occupé et montrer, aux autres ou bien à soi-même, que l’on est pas seul (car nous serions en réalité un peu paumé) ?!
Je tweet donc je suis !… je suis un animal social entouré de plein d’amis.
J’admets le risque de créer une génération de clones qui ne se parlent qu’entre membre de la tribu et uniquement via le Réseau. Et si les réseaux permettent à certaines personnes seules et isolées de s’affranchir d’un triste quotidien, why not ? Mais n’en faisons pas une généralité.
N’étant pas d’accord avec M. Malice, je pense que si Facebook a percé, c’est grâce aux lienx entre le réseau virtuel et la vraie vie. A Small World possède le même succès grâce aux rencontres organisées ou spontanées entre les ASW’s members. Ça fonctionne s’il y a un aller-retour entre l’écran et la vraie vie. D’ailleurs les liens n’en sont que plus forts !
Quelque soit l’outil mis à la disposition des foules, il sera utilisé pour le meilleur et pour le pire. Le voyeurisme /exhibitionnisme online est juste un reflet plus visible de la réalité. En revanche, de nombreuses personnes se rencontrent grâce à ces réseaux, dans un cadre professionnel ou amical.
Alors sommes-nous devenus les social néo-paparazzis ? Visiblement oui. Mais sommes nous des puits de solitude parce que nous sommes connectés sur différents social networks Monsieur Michael Malice ? Cela m’étonnerait.
Et il ne faudrait pas oublier l’influence du social media sur les attitudes d’achat, sur la perception des marques. Et ça, c’est assurément la vraie vie.
Le Chicago Tribune publie cette semaine l’évolution du trafic des 3 majors des réseaux sociaux ainsi que leur sources de revenus.
MySpace voit la croissance du nombre de visiteurs se tasser, Facebook conforte son écrasante supériorité et Twitter dépose la légitimité des fonds récemment levés avec 20.8 millions de comptes ouverts.
Revenus : le business model reste celui de la publicité. Les 2 leaders monétisent leur audience, plus quelques spécificités propres à leur public.
Quant à Twitter, la publicité n’est pas prévue cette année. Le co-fondateur de Twitter, Biz STONE, a déclaré que son groupe cherchait plutôt dans l’immédiat à développer de nouveaux outils, allant de l’amélioration de la recherche à des fonctionnalités payantes pour les comptes commerciaux. « Toute approche vers la publicité prendra du temps […] Nous ne pensons simplement pas à cela en ce moment », a ajouté Biz Stone.
En synthèse on observe quelques données de segmentation larges mais instructives :
Les utilisateurs passent beaucoup de temps à regarder les photos des autres ;
Les hommes cherchent des femmes (ces dernières totalisent 2/3 des visites de profils).
Plus surprenant, cette étude révèle également des comportements-types en fonction des réseaux :
Sur Twitter les hommes publient plus de liens que les femmes
Les utilisateurs de MySpace sont surtout présents dans les petites villes ou zones rurales
Cette dernière information est particulièrement intéressante car elle pourrait expliquer l’écart entre la présence de Facebook et de MySpace dans les médias. Facebook est cité tous les jours alors que MySpace l’est moins souvent ; alors que leurs chiffres d’audience sont sensiblement équivalent !
La raison est simple : la majeure partie des utilisateurs de MySpace ne sont pas dans les grandes villes où sont concentrés les journalistes, blogueurs et autres leaders d’opinion.
Pour finir, l’étude engage les marques à passer d’une logique de présence sur les médias sociaux (display) à une logique d’engagement = interactives (éviter les widgets funs qui ne servent ni le discours de la marque ni son ADN).
70% des journalistes utiliseraient aujourd’hui les réseaux sociaux comme pourvoyeurs d’informations !
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« L’étude menée par Middleberg Communications and the Society for New Communications Research (SNCR) révèle que 70 % des journalistes américains se servent des réseaux sociaux comme source d’informations (41% en 2008)*. Le chiffre est surprenant même si les 317 journalistes interrogés ont tous des comptes sur Twitter ou autres.
L’étude démontre aussi qu’ils sont 48 % à utiliser les plateformes vidéo (YouTube, Viméo). 47% ne peuvent se passer de Twitter qui est actuellement le media le plus en vogue et dont le potentiel reste encore insoupçonné (en bien ou en mal) pour les media et les marques. L’enquête met aussi en lumière un certain attrait pour les blogs (66%). Plus surprenant encore, 51% utilisent Wikipedia ! »
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Encore une confirmation, s’il en était besoin, que les réseaux sociaux deviennent une source d’information clef pour les consommateurs. C’est donc normal qu’un journaliste y puise une partie grandissante de ses sources.
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Les marques doivent opérer la mutation & accepter de lâcher prise sur le contrôle désormais illusoire de leur image online avec le social media. C’est une étape importante avant de prendre conscience de la puissance de cet outil & de l’exploiter.
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ET rappelons nous que le social media est, n’EST QU’un outil. C’est sa place au sein d’un dispositif cohérent qui fera qu’il pourra être optimisé.